Jeudi, il ne me restait que 5 jours avant de devoir sortir du Guatemala... et oui, déjà 3 mois ici ( ça passe trop vite ) !! Mon visa n'était donc plus valide et je devais sortir et entrer à nouveau au Guatemala pour en obtenir un nouveau de 3 mois.
Levée à 4h30 vendredi matin, je suis allée jusqu'au marché de Puerto Barrios pour prendre un mini-bus pour la frontière avec le Honduras. Sur le chemin, j'en ai croisé un dont le chauffeur criait par la fenêtre "Corinto, Corinto !"
mais à 5h30 du mat', un peu dans le gaz, je n'ai pas percuté que
c'était pile là où j'allais : "Ah, Corinto, tiens ça me dis quelque
chose..." Trop tard...! Arrivée au marché, j'ai donc attendu 20 minutes
que le suivant parte...
Mon parcours ( toute une histoire !! )
6h : Puerto Barrios direction la frontière
en mini-van avec arrêt au bureau de l'immigration pour le tampon de
sortie sur mon passeport. Micro-sieste de 5 minutes avant de passer le
reste du trajet à discuter avec une hondurienne. 15 Qtz = 1,5 €
7h : Arrivée à la frontière, je suis abordée de tous les côtés pour changer mes Quetzales en Lempiras, je change mes derniers 100 Qtz (10€) pour 245 L.
Passage au bureau de migración
hondurienne où me demande 3 $ ou 30 Qtz ( l'arnaque, 30 Qtz sont 3 €
soit un peu plus que 3 $ non...?! ) ...et ouf j'ai 3 dollars ...!
Puis 5 minutes de marche dans le no man's land désert, comme son nom l'indique, séparant le Guatemala et le Honduras (localité de Corinto).
7h20 : Je prends un bus (normal) de Corinto à Puerto Cortés, le port le plus important d'Amérique Centrale, où je suis passée seulement pour changer de bus. Dodo jusqu'à l'arrivée interrompu seulement pour payer. 34 L = 1,36 €
8h50 : Arrivée à Puerto Cortés où re-changement de bus pour un mini-bus jusqu'à San Pedro Sula. Pas de dodo car rien pour poser ma tête... 30 L = 1,20 €
9h50 : Arrivée à San Pedro Sula, la deuxième plus grande -et une des plus dangeureuses- ville du Honduras après Tegucigalpa, la capitale.
Taxi jusqu'à l'arrêt de bus direction ( enfin... ) Tela. 40 L = 1,60 €
11h : Bus normal juqu'à Tela. Pas de bol, j'ai dû l'attendre une heure celui-là. 35 L = 1,20 €
12h30 : Arrivée à Tela !! Total : 6,86 € pour ce petit voyage, tout ça pour rendre compte à quel point ça vaut le coup de voyager ici.
Après avoir déjeuné, je suis allée aux bureaux de l'ONG
Prolansate
qui gère les aires protégées des alentours de Tela. On a discuté un bon
moment de leurs réserves et parcs naturels ainsi que de Fundary et
Punta de Manabique, puis on m'a présentée à un guardarecursos, Harry,
qui m'a accompagnée à une agence d'écotourisme pour un
tour à Punta Sal car eux n'y allaient pas le jour-même. Dommage sinon ça aurait été gratis.
J'ai donc acheté mon billet pour le lendemain, pour 22 €, comprenant le
trajet en lancha, l'entrée dans les limites du Parc naturel (6 $) et un
guide ; guide qui m'a accompagnée en cette fin d'après-midi à chercher
un hôtel, à visiter Tela et à la plage. Beaucoup de
Garifunas (communauté noire caribéénne) vivent à Tela et ses alentours. Pour comparer avec celui de Livingston, on est allés goûter le
guifiti garifuna
, puis un rhum accompagné de
tamarindo. Le
fresco de tamarindo est une boisson acidulée et sucrée, faite de l'infusion de graines des gousses du
Tamarinier (ou
Tamarindus indica, Fabacées).
A 18h je suis allée faire une
sieste
car on avait décidé de sortir plus tard, mais je me suis réveillée à
23h donc c'est un peu tombé à l'eau. Je suis juste sortie de l'hotel
pour acheter une bouteille d'eau et suis allée me rendormir pour être
en forme pour ma sortie du lendemain.
Samedi
Départ en lancha (avec un groupe de touristes) pour
Punta Sal, récemment renommé
Parque Nacional Jeannette Kawas, en hommage à une des fondatrices de l'association Prolansate, assassinée en 1995.
Nous avons parcouru deux sentiers à travers la forêt dont un se terminait sur une plage splendide et une mini-baie,
Puerto Caribe. Il y avait tout pleins de
singe hurleurs ou
monos aulladores (
Alouatta palliata).
On a ensuite repris la lancha pour aller déjeuner dans la
communauté garifuna de Punta Sal. Au menu, poisson, riz cuit dans le lait de coco et une coco. Séance de
snorkeling (plongée libre) : j'ai observé des
coraux et des
poissons de toutes les couleurs.
Magnifique ... mais en même temps effrayée de voir qu'un site comme
celui-là recoive autant de touristes, car il y avait au moins 6 lanchas
ancrées près de la plage. Tous n'étaient pas dans l'eau mais c'est
hallucinant de voir ça au sein d'une aire protégée.
Avant de quitter cette plage, on a entendu les singes hurleurs et on m'a dit que parfois ils s'affolent avant une tempête...
Bingo !
: pour le retour, je n'étais pas assise mais allongée à la pointe de
lancha pour pouvoir dormir avec mon gilet de sauvetage comme oreiller.
Sauf qu'au bout de 20 minutes de sieste et de
bronzage,
j'ai préféré utiliser cette petite chose orange très inconfortable pour
sa fonction première : le temps s'est couvert, la mer est devenue
agitée
et il a commencé à pleuvoir. Deux touristes non habitués à aller en mer
en lancha ont carrément fait une prière. Moi j'ai juste demandé à
Josué, l'éco-guide, s'il avait connu pire et la réponse étant oui
j'étais rassurée.
Arrivée trempée jusqu'au os, je suis allée me changer, on est allés boire un verre, manger un
ceviche de camaron (crevette) et
caracol (escargot de mer) et puis allés danser. Et au Honduras, les boîtes de nuit ne ferment pas à 1h comme au Guatemala.
Dimanche
J'ai commencé ma
dernière journée au Honduras par un petit-déjeuner de
baleadas avec Harry. Il est ensuite allé emprunter un vélo pour moi pour aller
Jardín Botánico Lancetilla, où il était mon guide. C'est l'
unique jardin botanique du Honduras et l'un des plus grands d'Amérique Centrale. Au programme, observation d'
arbres magnifiques, immenses, de
fleurs superbes... et d'
oiseaux,
promenade de plus de deux heures (et
14 km de vélo aller-retour entre Tela à Lancetilla).
Bala de cañón ou Couroupita guianensis, Lecythidacées
Les fruits en forme de boulet de canon (d'où son nom) et ses fleurs croissent uniquement sur les branches formées sur le tronc.
Pas trop jaloux de ma photo mon papa ... ?!
L'après-midi, je suis allée visiter le village (et surtout la plage) de Tornabé où vit une autre communauté garifuna,
avec Josué.. On nous a offert le plat typique garifuna que l'on a
dégusté sur la plage. Après s'être baignés, comme c'était la feria de Tornabé, on est allés voir les gens danser la punta (ressemblant à une danse africaine) au son des tam-tam.
Super week-end
et surtout premier en solitaire... tout s'est bien passé, le retour
jusqu'à Puerto Barrios aussi (si on ne compte pas le moment où je suis
tombée dans l'allée d'un bus dans lequel je me suis endormie...la honte
!).

Attente à un "arrêt de bus", à Tela